La jeunesse de Louis Mourier

Louis Mourier, connu sous le nom de Marix, est né le 4 juillet 1885 à Perrecy-les-Forges, dans une famille de menuisiers. Fils de Louis-Marie Mourier, menuisier, et de Claudine Garenne, il grandit dans un environnement modeste. 

Il est cadet d’une fratrie de 3 enfants. Son frère aîné, Paul, Félix (Emile) , né le 25 mars 1881, ébéniste de profession, sera tué à la guerre le 5 mai 1915 à Commercy. Sa sœur Angélique, née en 1891, couturière à Perrecy les Forges, puis propriétaire d’une maison de couture à Paris (Avenue de la Bourdonnais), aide financièrement Marix pendant ses périodes difficiles. Elle décède en 1972.

La mort prématurée de son père, alors que Louis n’avait que neuf ans, oblige sa mère à le placer comme charretier pour subvenir aux besoins de la famille.

Au début des années 1900, le jeune Louis suit les traces de son père ébéniste à Perrecy tout en se formant au dessin chez le père Beaujard à Génelard. Il plaisante souvent en disant qu’il a fréquenté « l’école des Beaujard ». Ses premières œuvres s’inspirent de la vie des ouvriers de son village, capturant des scènes de la vie quotidienne avec humour et sensibilité.

À l’âge de 18 ans, ses idées libertaires et son engagement politique le poussent à quitter Perrecy pour Paris, il commence à fréquenter les milieux anarchistes et libertaires.

Malgré son exil, il reste attaché à son village natal, revenant régulièrement en train jusqu’à Luzy, ville d’origine de Joséphine, avant de parcourir les 30 kilomètres restants à vélo pour rejoindre Perrecy.

Il effectue son service militaire durant deux années et demi à Autun dans l’Allier, de 1903 à 1906, où il croque son environnement militaire de façon satirique, dans un style qu’il n’aura de cesse de développer par la suite. Il terminera son service militaire avec le grade de sergent.

En 1910, à 25 ans, il part en Écosse parfaire sa formation d’ébéniste d’art et entame un tour des métiers ; il croque les débuts de l’aviation qui lui inspire une série d’engins visionnaires et poétiques, ainsi que ses premières caricatures politiques. Il revient à Paris autour de 1912 où il ouvre un atelier d’ébéniste d’art et de restauration de meubles anciens, rue Picpus.

Louis épouse Joséphine Chatouillot à la mairie du 7e arrondissement le 14 avril 1914. Mais leur bonheur est de courte durée : la guerre est subitement déclarée 4 mois après.